UNE BALANCE COMMERCIALE EXCÉDENTAIRE POUR LA FILIÈRE FRANÇAISE DU CUIR EN 2018 !

11 mars 2019

La Filière Française du Cuir exporte pour 11,7 milliards d’euros (+10%), portée par l’engouement pour ses produits de luxe.

 

Face à un marché intérieur en baisse, la filière dynamise à nouveau ses exportations 

Situation inédite, pour la première fois, les échanges de la Filière Française du Cuir présentent un solde positif ! La France exporte plus qu’elle n’importe. Les exportations (11,7 milliards d’euros) progressent de 10% alors que les importations (10,7 milliards d’euros) sont en recul de 8%. En un an, le taux de couverture des échanges a gagné 17 points pour s’établir à 109% contre 92% en 2017

La demande nationale en produits finis a tendance à se réduire et tend à s’orienter vers des produits moins chers. Le prix moyen en douanes des chaussures et autres articles chaussants, des sacs à main et des gants en cuir chutent respectivement de 6%, 20% et 5%. Dans le même temps, leurs prix à l’export augmentent de 8%, 15% et 7%. La France exporte des articles plutôt haut de gamme, voire luxe, dont les prix s’inscrivent à la hausse. L’essor de 11% des exportations de produits finis est davantage lié à une montée en gamme des articles vendus qu’à une nette augmentation des volumes exportés. Par exemple, les ventes de sacs à main (19,8 millions de pièces) fléchissent très légèrement en volume (-1%), mais progressent nettement en valeur (+13%) grâce à l’augmentation de leur prix moyen de 15% (10% pour les sacs à main en cuir, 19% pour les sacs à main en autres matières). 

Les ventes de produits finis français évoluent quasiment au même rythme en Europe (54% des exportations françaises), en Asie (33%) et en Amérique (12%). Leurs hausses se situent autour de 11% à 12% dans ces trois continents. L’Italie reste le plus gros acheteur de produits finis français (11%) devant Hong-Kong (10%), les Etats-Unis (10%), le Royaume-Uni (10%) et Singapour (9%). La raison de cette performance : le savoir-faire français.

Cousu sellier
Cousu sellier
Crédits : 
Michel Dartenset - Resocuir


Un fort engouement pour les produits français, notamment de luxe

L’industrie française du luxe réalise toujours de belles performances à l’export. Les ventes d’articles en maroquinerie (7,3 milliards d’euros), de chaussures et articles chaussants (3,5 milliards d’euros) et de vêtements en cuir (0,2 milliard d’euros) progressent respectivement de 12%, 11% et 10%

Sur la période 2010-2018, le montant des exportations françaises d’articles de maroquinerie a doublé. Les ventes dans certains pays croissent à un rythme encore plus soutenu. Les exportations vers Singapour et la Chine ont explosé respectivement de 449% et 302% depuis 2010. En 2018, les achats d’articles de maroquinerie français réalisés par ces deux pays progressent de 16% et 36%. Ils sont respectivement les 2ème et 7ème clients de la France dans ce secteur. Les ventes en Chine ne représentent que 4% des exportations françaises, mais il s’agit d’un marché en plein essor, dans lequel les consommateurs manifestent un réel intérêt pour les marques françaises.  

L’augmentation de 11% des ventes de chaussures et autres articles chaussants concerne tous les types d’articles à l’exception des pantoufles dont les ventes marquent un repli de 35%. Cette baisse est due à l’effondrement du prix moyen des pantoufles exportées. Dans le même temps, en valeur, les exportations de chaussures à dessus en cuir constituent la moitié des exportations du secteur. Elles enregistrent une hausse de 6%. Les ventes de chaussures à dessus synthétique et de chaussure à dessus textile ou divers progressent également de 11% et 21%.

Les vêtements en cuir venant de France bénéficient d’une excellente image à l’étranger. Leurs ventes ont décollé de 10% (46% à Hong-Kong, 44% en Chine). Les échanges de vêtements en cuir atteignent quasiment l’équilibre. Leur taux de couverture est passé de 76% à 98%

Tous secteurs confondus, les principaux clients de la France, à savoir l’Italie, Hong Kong, les Etats-Unis, le Royaume-Uni et Singapour, absorbent plus de la moitié de ses exportations. Le Royaume-Uni est un partenaire important. Les échanges avec ce pays sont largement excédentaires (taux de couverture de 688%). Les exportations s’élèvent à plus d’1 milliard d’euros (9% des exportations françaises) contre 162 millions d’euros pour les importations. Il est naturel de s’interroger sur les conséquences du Brexit pour les entreprises françaises. 

 

Un ralentissement incontestable de la consommation française  

En un an les importations de sacs à main sont passées de 79,4 à 74,9 millions de pièces. Elles fléchissent de 6% (18% pour les sacs à main en cuir et 4% pour les sacs à main en autres matières). L’affaiblissement de la demande française est encore plus marquée pour les sacs à main en cuir que pour les sacs à main en autres matières. Les achats de sacs à main en Italie, au Portugal ou en Belgique se sont effondrées respectivement de 21%, 36% et 63%. Le repli est un peu moins fort pour les importations de sacs à main asiatiques (61,7 millions de pièces), qui ne fléchissent que de 4% (contre 16% pour les sacs à main européens). En valeur les importations de sacs à main italiens s’effondrent de 44%, car le recul du nombre de sacs à main importés s’accompagne d’une baisse de leur prix moyen de 29%. 

Les importations de chaussures et autres articles chaussants (503 millions de paires) augmentent de 2%. La part des chaussures en cuir est passée de 47% à 44%. En effet, les livraisons de chaussures à dessus cuir (95 millions de paires) régressent de 9% alors que celles de chaussures à dessus synthétique et de chaussures à dessus textile ou divers progressent de 12% et 1%. Non seulement la France a importé moins de chaussures en cuir, mais leur prix moyen a aussi reculé de 2%. Il en résulte une réduction des importations de chaussures en cuir de 11% en valeur.  

Pour les gants en cuir importés, la baisse du prix moyen en douanes est de 11% pour les gants de ville, 7% pour les gants de protection et 12% pour les gants de sport. Leurs importations diminuent, en valeur, respectivement de 10%, 19% et 9%.  

Cette recherche de produits finis moins chers a un impact sur la provenance des importations. En ce qui concerne les produits finis, l’Asie gagne cinq points de parts de marchés en France, alors que l’Europe en perd cinq. En valeur les importations en provenance d’Europe (43% des importations) se rétractent de 18%, celles en provenance d’Asie (53% des importations) sont quasiment stables avec une légère hausse de 0,5%. 

Après avoir cédé sa place à l’Italie l’an dernier, la Chine est à nouveau le premier fournisseur de la France, pour l’ensemble de la filière cuir. Les importations venant de Chine, qui représentent plus du quart des importations françaises, sont stables. Les importations d’Italie avaient progressé de 15% en 2017, mais elles subissent un repli de 27% cette année. Depuis plusieurs années les importations en provenance du Vietnam évoluaient à un rythme soutenu. Entre 2010 et 2018, elles ont connu une croissance de 152%. En 2018, elles n’ont augmenté que de 1%. 

Pour l’ensemble de la filière cuir, les importations venant d’Europe chutent de 17% et celles venant d’Asie augmentent de moins de 1%. 

 

Frank BOEHLY, Président du Conseil National du Cuir : « Le luxe à la française ne cesse de traverser les frontières et de gagner des parts de marché, notamment en Chine. La préservation de nos savoir-faire demeure un enjeu majeur pour la filière cuir et nous ne pouvons que saluer le courage et l’ambition de nos professionnels qui revendiquent une production française. »

 

Téléchargez la brochure du Commerce Extérieur de la Filière Française du Cuir en 2018.

 

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Le Conseil National du Cuir, avec son Observatoire Économique, répond à sa mission d’information auprès de tous les acteurs de la Filière Française du Cuir. Ainsi, tout au long de l’année sont réalisées : une brochure et des fiches pays sur les échanges mondiaux de la filière cuir, une étude sur le Commerce Extérieur de la France, des enquêtes annuelles de conjoncture par secteur d’activité (Cuirs et peaux bruts, Tannerie-Mégisserie, Chaussures et Maroquinerie), des notes mensuelles de conjoncture sur l’activité globale des entreprises françaises de la filière industrielle du cuir et sur leurs échanges extérieurs, des fiches sur l’activité annuelle de la Tannerie-Mégisserie, de la Chaussure et de la Maroquinerie, ainsi que des études dans le secteur du commerce. 

Toutes ces données sont publiées sur le site www.conseilnationalducuir.org

 

 

Fichier PDF: 

Le Conseil National du Cuir

La confédération regroupe 20 fédérations ou syndicats professionnels depuis l’élevage jusqu’à la distribution des produits finis et anime l’ensemble de la filière française du cuir.

La filière française du cuir

  • 9 400 entreprises, dont les savoir-faire sont exceptionnels, maîtrisés et reconnus à l’international
  • 25 milliards dʼeuros de chiffre dʼaffaires, dont 10,6 milliards d’euros à l’export
  • 130 000 personnes salariées dans les industries du cuir, de la tannerie-mégisserie, de la chaussure, de la maroquinerie, de la ganterie, de la distribution dʼarticles de cuirs.
  • Un des leaders mondiaux des cuirs de veau et peaux exotiques.
  • 4ème exportateur mondial
  • 3ème exportateur mondial des cuirs et peaux bruts
  • 3ème exportateur mondial dʼarticles de maroquinerie