La Filière Française du Cuir, 4ème exportateur mondial du secteur, affiche une balance commerciale excédentaire

7 avril 2022

Les résultats du Commerce Extérieur de la Filière Française du Cuir 2021 ont été publiés par l’Observatoire Economique du Conseil National du Cuir. Force est de constater que, dans ce contexte de crise sanitaire, les équilibres internationaux évoluent mais la France garde son leadership sur l’échiquier mondial du secteur cuir. Les compteurs pour la filière française sont au vert avec un excédent commercial qui atteint 3,7 milliards d’euros. Une balance commerciale du secteur positive pour la 4ème année consécutive. La France connait une croissance de 23% de ses exportations vers le reste du monde.

Ces excellentes performances permettent à la France de conforter sa position de 4ème exportateur mondial de la filière Cuir, derrière la Chine, le Vietnam et l’Italie. La maroquinerie demeure le porte-étendard de la France et le leader incontesté de la filière. Les secteurs des cuirs et peaux bruts, de la tannerie mégisserie et de la chaussure affichent des résultats plus modestes, mais cependant très positifs compte tenu du contexte économique.
 

DANS UN CONTEXTE MONDIAL CHAHUTÉ, LES ÉCHANGES FRANÇAIS DE LA FILIÈRE CUIR SONT EN NET REDÉMARRAGE

L’épidémie de la Covid-19 a provoqué un fort ralentissement de l’activité à l’échelle mondiale. Nul secteur ni pays n’ont été épargnés. 2020 est l’année d’une baisse notable des échanges entrainée par deux facteurs : les frontières fermées pour limiter la pandémie et la flambée des prix du fret maritime. Pour la France, cela a représenté en 2020 une chute de 15% de ses importations et de 9% de ses exportations. En 2021, la tendance s’inverse et après une année de ralentissement des échanges, la Filière Française du Cuir voit ses importations bondir de 14% et ses exportations de 23%.

Un bilan excédentaire pour la France

La filière affiche un bilan excédentaire de 3,7 milliards d’euros en 2021. Les exportations s’élèvent à 14,7 milliards d’euros, réparties comme suit :

  • 68% maroquinerie,

  • 27% chaussure,

  • 3% matières premières,

  • 2% gants et vêtements.

La France représente 5,9% de l’ensemble des exportations de la filière mondiale du cuir et affiche une performance meilleure qu’avant la crise avec une hausse de 11% par rapport à 2019.
Les importations s’élèvent à 11 milliards d’euros, réparties comme suit :

  • 61% chaussure,

  • 31% maroquinerie,

  • 5% matières premières,

  • 3% gants et de vêtements divers.

La France représente 6,2% de l’ensemble des importations de la filière mondiale du cuir. Les importations sont très légèrement inférieures à 2019 (11,3 milliards d’euros).

On constate que la France semble avoir repris son rythme de croisière sur le plan des échanges mondiaux. Cependant, la situation est variable selon les zones géographiques.


DE NOUVEAUX EQUILIBRES SE DESSINENT

La France maintient le 4ème rang des exportateurs et importateurs mondiaux de la filière Cuir. Les 3 premiers exportateurs sont la Chine, le Vietnam et l’Italie et les 3 premiers importateurs sont les Etats-Unis, l’Allemagne et la Chine.
Fait marquant de l’année 2021, la surperformance de la France vers la zone Asie et Amérique, une reprise assez lente de l’Europe et un décrochage sensible de l’Angleterre. Poursuivant la tendance depuis plusieurs années, les échanges entre la France à la Chine tendent à s’équilibrer.

L’Asie et les Etats-Unis, premiers clients de la France avec l’Europe

43% des exportations françaises vont vers l’Asie et 14% vers les Etats-Unis. En 2021, les flux vers ces deux continents augmentent respectivement de 36% et 37% et font de la Chine et des Etats-Unis les premiers clients de la France.
Ces deux pays se fournissent en France principalement d’articles de maroquinerie :

  • 91% pour la Chine (2,25 milliards d’euros)
  • 80% pour les Etats-Unis (1,42 milliard d’euros)

Les clients chinois et américains sont particulièrement friands de sacs à mains qui représentent plus de 60% des achats en maroquinerie.

L’Europe marque un redémarrage plus lent

Pour l’ensemble de la filière Cuir, c’est en Europe que le redémarrage est le plus lent. Alors que 42% des exportations françaises sont concentrées vers l’Europe, la hausse des exportations est plus modérée, soit +9%.
Trois pays montrent cependant une bonne dynamique :

  • L’Espagne + 26%. (0,7 milliard d’euros)
  • L’Italie + 18%, (1,6 milliard d’euros)
  • L'Allemagne + 7%, (1,0 milliard d’euros)

Ces derniers se retrouvent très souvent dans le top 3 des clients de la France pour : les matières premières, la chaussure et les gants. Au global, ce trio européen totalise 82% des ventes françaises de cuirs et peaux bruts, 45% de cuirs finis, 39% de la chaussure et 31% de la ganterie. Les relations avec les pays voisins demeurent solides et retrouvent leur dynamisme d’avant crise.


Un décrochage important du Royaume Uni

A l’inverse, depuis le “Brexit” la situation est tout autre avec le Royaume-Uni : les ventes ont reculé de 30% entre 2019 et 2020 et de 31% entre 2020 et 2021. Les échanges avec ce pays ne représentent plus que 4% des exportations françaises en 2021, contre 9% en 2019.
En 2021, les ventes vers ce pays insulaire chutent respectivement de :

  • -47% pour la chaussure,
  • -39% pour la ganterie,
  • -19% pour la maroquinerie.

Les échanges entre la France et la Chine, s’équilibrent

Au cours des dernières années, la France a considérablement multiplié ses exportations en direction de la Chine et en 2021, elle devient même le premier client de la France. Les exportations françaises vers ce géant asiatique s’élèvent à 2,5 milliards d’euros, en hausse de 162% par rapport à 2020.

Pour une grande partie des consommateurs chinois, il y a un fort engouement pour les articles de luxe français et plus particulièrement la maroquinerie qui enregistre des ventes en augmentation de 179%, de 90% pour la chaussure et de 68% pour les vêtements en cuir.

Il est important de noter que la Chine est également le deuxième client de la France pour les cuirs et peaux bruts. Les ventes restent stables comparé à l’an passé, mais elles avaient progressé de 74% entre 2019 et 2020.

La Chine est également le 1er fournisseur de la France. Les importations françaises en provenance de Chine (2,7 milliards d’euros) ont augmenté de 16%. Néanmoins, il est à noter que la tendance depuis plusieurs années est plutôt à une réduction des achats en Chine. Si les échanges français avec ce pays asiatique restent déficitaires avec un taux de couverture de 92%, entre 2019 et 2021, les importations en provenance de Chine ont fléchi : pour la chaussure (-2%), les articles de maroquinerie (-11%), les gants en cuir (-49%) et les vêtements en cuir (-52%). La situation tend donc vers un équilibre commercial.

La France maintient des relations solides avec ses clients d’avant crise mais, avec la situation mondiale de 2020, les cartes sont redistribuées. La Chine et les Etats-Unis deviennent des clients à fort potentiel qui ont explosé leurs achats venant de France. Mais la demande étrangère en produits français n’est pas homogène. Alors que certains arrivent à tirer leur épingle du jeu, d’autres font face à plus de difficultés.


DES PARTICULARITÉS QUI DISTINGUENT LES SECTEURS

Les différents secteurs de la filière Cuir n’affichent pas tous les mêmes performances à l’export. La maroquinerie, et notamment le très haut de gamme, enregistre des performances remarquables. Les matières premières connaissent une belle croissance par rapport à 2020. Les autres accessoires de mode telles que la chaussure et la ganterie affichent des croissances un peu plus modérées.

La maroquinerie triomphe à l’export

En 2021, 14,8% des articles de maroquinerie exportés dans le monde viennent de France. Les ventes de sacs à main, évaluées à 6,3 milliards d’euros, représentent 63% des exportations du secteur et ont progressé de 34% en 2021. Ces excellents résultats permettent à la France de se positionner en 3ème position dans le palmarès des principaux exportateurs mondiaux d’articles de maroquinerie, derrière la Chine et l’Italie.

Dans ce secteur, en 2021 la France exporte en valeurs presque trois fois plus qu’elle n’importe ! Cela représente un taux de couverture de 291%, soit 18 points de plus par rapport à 2020. Autrement dit, les importations de l’industrie française de la maroquinerie s’élèvent à 3,4 milliards d’euros pendant que les exportations culminent à 10 milliards d’euros.

Il est intéressant de constater que les prix moyens de sacs à main en sortie de douanes donnent une indication sur la gamme de produits que la France importe et exporte. En effet, pour les sacs à main (toute matière confondue), le prix est de 22€ à l’import et de 320€ à l’export. Quant aux sacs à main en cuir, les prix sont un peu plus élevés : 89€ à l’import et 500€ à l’export. Preuve en est que la maroquinerie de luxe exerce une forte attractivité dans le monde.

Cuirs et peaux bruts prennent un nouvel élan

Le deuxième secteur pour lequel la France est l’un des leaders mondiaux est celui des cuirs et peaux bruts. La France est dans le trio de tête des plus gros exportateurs mondiaux. Elle se place en 3ème position derrière les Etats-Unis et l’Australie. Les cuirs et peaux bruts venant de France constituent 7% de l’ensemble des exportations mondiales. En 2021, la France a exporté des cuirs et peaux bruts pour un montant de 220 millions d’euros, en hausse de 39% par rapport à 2020.

Les importations, évaluées à 103 millions d’euros, ont quant à elles fléchi de 3%, permettant au taux de couverture du secteur de gagner 65 points, pour s’établir à 214%. Les peaux vendues par la France sont essentiellement destinées à ses voisins européens. En valeur, 88% des peaux exportées sont achetées par des pays européens. Les ventes en Italie représentent à elles-seules les trois quarts des exportations. Les ventes de cuirs et peaux bruts sont très liées à l’activité des tanneurs et mégissiers italiens. En 2021, les ventes en Italie ont progressé de 53%, grâce à la reprise de l’activité des tanneurs italiens après une année 2020 relativement difficile.

La tannerie mégisserie bénéficie du soutien manifeste des fabricants européens

En tannerie mégisserie, les exportations sont en hausse de 20% en 2021. Néanmoins, elles restent encore en repli par rapport à 2019 (–26%). Même si la demande étrangère de cuirs finis reste importante, elle demeure insuffisante pour compenser les pertes engendrées par la crise.
En 2020, l’épidémie de Covid-19 ayant provoqué un ralentissement exceptionnel de l’activité des fabricants de produits finis en cuirs, elle a entrainé une chute de la demande de cuirs et peaux finis. Les exportations de ce secteur avaient alors régressé de 38%. La situation actuelle reste certes encore difficile, mais elle s’est améliorée. Les exportations progressent de 13% pour les cuirs finis de bovins de 28% pour les peaux finies de veaux et de 1% pour les ovins.

La chaussure poursuit sur une note positive

Dans l’industrie de la chaussure, la tendance depuis plusieurs années est à un accroissement plus rapide des exportations que des importations. En 2021, les exportations (4,0 milliards d’euros) et les importations (6,7 milliards d’euros) se ont progressé respectivement de 15% et 12%. La France est le dixième exportateur mondial de chaussures (1,9% de l’ensemble des exportations mondiales) et le troisième importateur (6,4% des importations mondiales).


Les exportations se font essentiellement en Europe. Sur cent paires de chaussures ou autres articles chaussants vendus, 92 sont achetées par des pays européens. La France a exporté 119,5 millions de paires, soit 11 millions de paires de plus qu’en 2020. En volume, les plus gros clients sont l’Espagne (22,8 millions de paires), l’Italie (18,2), l’Allemagne (15,6) et la Pologne (11,7). Les échanges de l’industrie de la chaussure sont encore déficitaires, mais le taux de couverture évolue positivement. Il s’établit en 2021 à 59%.

 

Frank Boehly, président du Conseil National du Cuir : « La crise liée à la Covid-19 aura laissé des traces, tant sur la manière de consommer que de produire. Les graves événements ukrainiens vont encore amplifier la hausse du coût de l’énergie, la rareté des matières premières, les difficultés de fret.
Un contexte qui a de quoi faire changer les équilibres internationaux mais aussi repenser la nature de nos achats, notamment avec une fabrication et des approvisionnements plus locaux, plus raisonnés. La crise est une opportunité pour valoriser nos savoir-faire, l’excellence à la Française, et pour promouvoir la durabilité de notre industrie et de ses produits à un échelon international. Enfin, je me réjouis que, de manière générale, la France puisse renouer des liens fructueux avec ses fournisseurs et clients historiques d’avant crise, notamment avec la Chine, permettant à la majorité de nos secteurs de retrouver, voire de dépasser, leurs performances de 2019. La filière cuir prouve une nouvelle fois son dynamisme !
»
 

Le Conseil National du Cuir

La confédération regroupe 21 fédérations ou syndicats professionnels depuis l’élevage jusqu’à la distribution des produits finis et anime l’ensemble de la filière française du cuir.

La filière française du cuir

  • 12 800 entreprises, dont les savoir-faire sont exceptionnels, maîtrisés et reconnus à l’international
  • Plus 25 milliards dʼeuros de chiffre dʼaffaires, dont 13 milliards d’euros à l’export 
  • 133 000 personnes salariées dans les industries du cuir, de la tannerie-mégisserie, de la chaussure, de la maroquinerie, de la ganterie, du sport, de la réparation et de la distribution dʼarticles de cuirs.
  • Un des leaders mondiaux des cuirs de veau et peaux exotiques. 
  • 3ème exportateur mondial des cuirs et peaux bruts
  • 3ème exportateur mondial dʼarticles de maroquinerie
  • 4ème exportateur mondial tous secteurs confondus