NOTE DE CONJONCTURE DE LA FILIÈRE CUIR DE JANVIER À AOÛT 2020

20 octobre 2020

Alors que les indicateurs d’activité sur le tout début d’année 2020 semblaient bien orientés, l’arrivée de la pandémie de Coronavirus sur le territoire français et l’amorce du confinement à mi-mars ont marqué un coup d’arrêt sur une majeure partie des activités économiques, sans épargner la filière cuir.
C’est un double choc d’offre et de demande, d’une ampleur et d’une portée sans précédent, qui a donc paralysé tout un pan de l’industrie et des services, ainsi que la quasi-totalité de la filière cuir. Les dernières estimations de l’INSEE évoquent un repli du PIB de -9 % sur 2020 sans un véritable retour à “la normale” d’ici la fin de l’année, et ce, pour bon nombre de secteurs. 
Du côté de la filière cuir, une baisse de -27,5 % du chiffre d’affaires est constatée dans le secteur de la tannerie-mégisserie, de -23,5 % pour la fabrication de chaussures et de -20,9 % pour la fabrication de maroquinerie.

Crédits : 
Observatoire Economique du CNC

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Observatoire Economique du CNC

En France, le ralentissement de l’activité s’est d’abord ressenti lorsque la COVID-19 a touché l’Italie, puisque c’est avec son voisin que la Filière Française du Cuir enregistre le plus d’échanges commerciaux.


Le secteur du luxe français n’échappe pas non plus à la crise économique, cependant, la balance commerciale est encore excédentaire, malgré une diminution des exportations de plus d’un milliard d’euros par rapport à l’année dernière. 

Tannerie – Mégisserie 
Les secteurs de la tannerie et de la mégisserie sont les plus durement touchés, avec une baisse de 27,5 % du chiffre d’affaires et une production qui chute entre 21,9 % et 33,9 % selon les catégories de peaux. Cette baisse considérable est causée par la chute des exportations de 42 % et l’arrêt total de la demande des fabricants italiens, qui représente la majorité de ces commandes.


Chaussures 
La fermeture des magasins due au confinement de mars à mai a eu une énorme incidence sur la consommation de chaussures en France, ainsi, le chiffre d’affaires des fabriquants français est en baisse de près de 24 % et la production totale chute de 31 %. 
Sur les 8 premiers mois de l’année 2020, l’écart entre les importations et les exportations est réduit de 300 millions d’euros par rapport à 2019 : le delta entre ces deux données s’élève donc à environ 1,7 milliards d’euros en 2020 contre plus de 2 milliards d’euros en 2019. 
On observe néanmoins une reprise timide de la consommation sur ce secteur après le déconfinement. 
En effet, les comportements d’achat des français ont évolué : ils réduisent les achats plaisir au profit d’articles de nécessité, telles que les chaussures pour enfants. 


Maroquinerie et ganterie
Le domaine de la maroquinerie subit le même sort que le secteur de la chaussure avec des pertes équivalentes en proportion : le chiffre d’affaires baisse de 20,9 % et la production de sacs à main pour femmes plus particulierement chute de 38 %.
L’excédent commercial quant à lui passe de 3,2 milliards d’euros à 2,8 milliards d’euros et subit donc une baisse, mais le rapport entre les exportations et les importations reste positif avec un taux de couverture des échanges qui évolue de 240 % à 254 %.


Cuirs et peaux bruts 
Les cuirs et peaux brutes étant un coproduit de l’industrie alimentaire, leur production est codépendante de cette industrie. 
Les français n’ayant pas réduit leur consommation de viande pendant le confinement, à l’exception de la consommation de veau (en recul de 5,9 %), et les tanneries étant à l’arrêt, les entreprises de ce secteur n’ont plus eu ni les capacités de stockage, ni les capacités financières de récupérer et valoriser ces peaux comme elles l’auraient fait en période pré-pandémie.
Un réel problème de stockage des peaux s’observe et maintient une pression inédite sur le secteur. 


Face aux changements de paradigmes économiques qui écartent toute hypothèse d’un retour à la situation d’avant crise, il est cependant encore trop tôt pour se prononcer sur la nouvelle tendance qui se dessinera une fois le contrecoup du choc absorbé. Pour l’heure, si un rebond semble enclenché, le niveau de l’atterrissage en 2021 demeure incertain, mais sans aucun doute en deçà de celui observé avant la crise.

 

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Le Conseil National du Cuir, avec son Observatoire Économique, répond à sa mission d’information auprès de tous les acteurs de la Filière Française du Cuir. Ainsi, tout au long de l’année sont réalisées : une brochure et des fiches pays sur les échanges mondiaux de la filière cuir, une étude sur le Commerce Extérieur de la France, des enquêtes annuelles de conjoncture par secteur d’activité (Cuirs et peaux bruts, Tannerie-Mégisserie, Chaussures et Maroquinerie), des notes mensuelles de conjoncture sur l’activité globale des entreprises françaises de la filière industrielle du cuir et sur leurs échanges extérieurs, des fiches sur l’activité annuelle de la Tannerie-Mégisserie, de la Chaussure et de la Maroquinerie, ainsi que des études dans le secteur du commerce. 

Toutes ces données sont publiées ici

Le Conseil National du Cuir

La confédération regroupe 21fédérations ou syndicats professionnels depuis l’élevage jusqu’à la distribution des produits finis et anime l’ensemble de la filière française du cuir.

La filière française du cuir

  • 12 800 entreprises, dont les savoir-faire sont exceptionnels, maîtrisés et reconnus à l’international
  • Plus 25 milliards dʼeuros de chiffre dʼaffaires, dont 12 milliards d’euros à l’export 
  • 132 600 personnes salariées dans les industries du cuir, de la tannerie-mégisserie, de la chaussure, de la maroquinerie, de la ganterie, de la distribution dʼarticles de cuirs.
  • Un des leaders mondiaux des cuirs de veau et peaux exotiques.
  • 4ème exportateur mondial
  • 3ème exportateur mondial des cuirs et peaux bruts
  • 3ème exportateur mondial dʼarticles de maroquinerie