Entretien avec Jean-Luc Déchery

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CNC

La maison Camille Fournet, en pleine expansion, développe son savoir faire maroquinier pour devenir une référence du luxe hexagonal.

C’est en 1945 que le Romanais Camille Fournet établit en Picardie sa manufacture. Les bracelets montres, fabriqués dans les règles de l’art en cuirs majoritairement exotiques, vont rapidement être plébiscités par le fleuron des horlogers helvétiques et français.

Les années 90 apportent un nouveau souffle avec l’arrivée de Jean-Luc Déchery qui prend les commandes en 1994 aux côtés de son épouse Françoise, en charge de la création artistique. Le site de production à Tergnier s’agrandit, il représente aujourd’hui 3000 m2. Le nom de Camille Fournet va gagner en prestige. « Il faut maitriser la production pour se développer dans le luxe », affirme le dirigeant.

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Camille Fournet

Les bracelets montres - 90% de l’activité - sont exportés dans le monde entier. Camille Fournet est même la seule marque à fournir les bracelets « unitaires » (sur mesure). Les premiers corners implantés au Japon dans les années 2000 ouvrent la voie à de nouveaux développements porteurs. Les sacs Camille Fournet prolongent naturellement les premières lignes de petite maroquinerie.

L’héritage des maîtres selliers et la maitrise des peaux exotiques, alligator en tête, nourrissent une esthétique épurée, une allure racée, un luxe atemporel. Le volume valorise la matière. Le sac Dédale, parmi les plus emblématiques, nécessite ainsi six peaux d’alligator et une dizaine d’heures de travail. La tradition horlogère n’est pas oubliée avec l’ajout d’élégants éléments décoratifs empruntés aux bracelets montres.

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Camille Fournet

« Le diable est dans le détail, souligne Jean Luc Déchery. Dès la première étape, il faut tout anticiper ». La maroquinerie est intégralement fabriquée dans un atelier dédié où travaillent 25 personnes expérimentées. Chacun est autonome de A à Z. L’entreprise produit en moyenne 4500 pièces de petite maroquinerie et 300 sacs par an, dont certains, en veau ou en taurillon issus des tanneries françaises.

Depuis 2005, la marque a pignon sur rue à Paris dans la prestigieuse rue Cambon et l’adresse est appelée à s’agrandir… Mais c’est en Asie que Camille Fournet accélère ses ouvertures à Tokyo, Osaka, Beijing, Séoul et bientôt Hong Kong ou Singapour. Sa signature sélective, à haute valeur ajoutée, séduit un nombre croissant de connaisseurs éclairés et cosmopolites.

Atypique et dynamique, l’entreprise affiche aussi d’autres ambitions que l’export. Le rachat de la ganterie millavoise Lavabre Cadet va permettre d’élargir les collections « made in France ». La constitution d’une « bibliothèque de gestes » et d’une école est aussi programmée afin de préparer la relève et construire l’avenir en assurant durablement la transmission.

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