Newsletter n°9

EDITO // S'IMPOSER EN ORDRE GROUPE 

La Fédération Française de la Chaussure (FFC) fédère plus de 100 entreprises de la chaussure réparties sur le territoire national. La majorité d’entres elles sont des sociétés de tailles moyennes voire petites. La FFC fait partie intégrante de la filière cuir et est fière de contribuer à son rayonnement. En qualité de Président de la FFC mon rôle est principalement d’aider nos adhérents dans les difficultés auxquels ils sont confrontés chaque jour. Plus particulièrement la mission de la FFC consiste à :

1/ Contribuer au développement de nos entreprises à l‘international. Une société dont l’activité dépend à plus de 50% du marché franco français est, de mon point de vue, condamnée à terme. Or nos adhérents restent encore trop dépendants du marché domestique. Il convient donc de faire tous nos efforts pour les accompagner hors des frontières. A ce titre plusieurs actions sont entreprises :

-aide pour la présence dans les salons internationaux tant en France (Première Classe, Whos’next, …) qu’à l’étranger (MICAM Milan, Magic Las Vegas, SOLE COMMERCE NYC, PITTI Florence, …)

-ouverture de show room : un show room permanent a été ouvert à Shanghai, d’autres pourraient voir le jour en association avec d’autres fédérations.

-organisation d’expositions didactiques : après HK en 2015, une grande exposition sera ouverte à Shanghai fin septembre consacrant 500 ans  d’histoire d’amour des français vis à vis de la chaussure.

-organisation de missions de prospections pour nos adhérents : Corée du sud en 2016.

2/ Contribuer à la formation des personnels et au maintien du savoir-faire Français. Nos industries ont depuis trop longtemps négligé les questions de formation des personnels et des spécificités de savoir-faire Français unique au monde. La FFC, en liaison étroite avec le CTC et le CNC, doit tout faire pour agir dans ce sens. Des initiatives seront prises très prochainement tant à l’échelon national qu’à l’échelon régional où des structures telles que l’UICSO pour le sud-ouest ou  GRCPL  pour le Choletais ont un rôle important à jouer.

3/ Apporter un soutien permanent aux préoccupations de gestion courante des adhérents et plus particulièrement dans les domaines liés au droit du travail, au droit de la concurrence ou encore au droit des marques et autres aspects plus techniques : RSE, Développement Durable, nouvelles technologies, digital, … .

Cependant, pour moi, dans l’intitulé FFC il y a le mot « fédération » et il m’apparaît non seulement nécessaire mais urgent, compte tenu des contraintes budgétaires auxquelles nous sommes tous confrontés, de réfléchir à l’optimisation des moyens de la filière. Nous avons la chance, au niveau de nos différentes fédérations, de disposer de moyens humains de grande qualité ainsi que de moyens financiers. Il nous appartient de ne pas les gâcher mais bien au contraire de les mutualiser dans la mesure du possible et dans le respect des spécificités de chacun. L’avenir, j’en suis convaincu, pour notre filière est de jouer en équipes. C’est bien sûr déjà le cas mais nous pourrions faire mieux afin d’être plus efficace pour nos adhérents car leur bon développement doit être notre seule et unique préoccupation.

Je ne voudrais pas conclure cet entretien sans évoquer un dossier qui me tient à cœur : Au Delà du Cuir (ADC) dont je suis le Président. ADC a été créé à l’initiative le la FFC et du CNC. C’est un exemple parfait de contribution de notre filière au renouvellement des talents qui ont fait et font toujours le succès de nos industries tant de la chaussure que de la maroquinerie que des industries connexes. Une trentaine de jeunes entrepreneurs sont ainsi suivis par des professionnels en permanence, dix nouveaux étant sélectionnés chaque année. Un show room a été ouvert au 76 rue Quincampois à Paris (vous y êtes les bienvenus). Enfin, au-delà des aides apportées aux jeunes entrepreneurs, notre filière doit engager une réflexion quant à la problématique des transmissions d’entreprises car il est de notre devoir de s’assurer que le savoir faire des entreprises existantes et dont, pour différentes raisons, l’actionnariat doit évoluer, ne soit pas à jamais perdu faute de repreneur. Cette réflexion doit être menée au niveau de la filière.

Claude-Eric Paquin

Président de la Fédération Française de la Chaussure

 

FOCUS // LE BAC PRO TAO FAIT SA RENTREE

Les secteurs de la podo-orthèse et de l’orthoprothèse se dotent d’un bac professionnel dès septembre 2016. La première session d’examen aura lieu en 2019.

Technicien en Appareillage Orthopédique (TAO) secteurs podo-orthèse ou orthoprothèse, telle est la nouvelle spécialité d’un bac pro intégrant désormais le grand appareillage, prescrit pour corriger ou remplacer un membre. « Il offre une vision élargie de nos métiers », précise la Fédération Française de la Podo-Orthèse. Les deux secteurs seront enseignés pour commencer au Lycée Polyvalent d’Alembert à Paris, le lycée professionnel de la SEPR à Lyon proposera le secteur de la podo-orthèse.

Le diplôme se prépare en trois ans après la classe de troisième. Les enseignements généraux et technologiques sont complétés par une formation en milieu professionnel durant au total 22 semaines. Aptitudes manuelles, habileté, précision, soin sont demandés. Les matériaux utilisés (bois, métaux, cuir, plâtre, plastique…) sont aussi nombreux que les techniques employées (usinage, ajustage, moulage, thermoformage…).

Le bac pro débouche sur l’insertion professionnelle. Selon le secteur choisi, le futur technicien sera à même de réaliser des appareillages et des prothèses du pied (lames en carbone, coques, pied en silicone…) ou de tout autre membre. Il peut occuper les postes de responsable d’atelier, d’équipe, de technicien qualifié en production dans des entreprises d’appareillage externe sur mesure, des établissements de soins (centres de rééducation, hôpitaux), des ONG. Il peut aussi assurer la gestion d’un atelier de fabrication ou poursuivre sa formation avec un BTS.

Atelier de podo-orthèse
Atelier de podo-orthèse
Credits: 
FFPO

Chiffres clé en France en podo-orthèse (sources FFPO 2016)

-240 entreprises dont 85% emploient de 1 à 6 salariés et plus.

-2200 professionnels (600 podo-orthésistes et 1200 collaborateurs en atelier)

 

GRAND ANGLE // UN PREMIER CONCOURS POUR LA CHAUSSURE

Lycées professionnels et entreprises françaises ont accompagné, cinq mois durant, des étudiants dans la fabrication complète d’une chaussure.

La première édition du Concours organisé par la Fédération Française de la Chaussure a récompensé à Paris en juin dernier trois jeunes lauréats en formation BTS métiers de la mode chaussure. Laëtitia Rodrigues, Sirine Ailane et Alexis Dufresne ont été sélectionnés parmi 59 candidats, d’après dessin, par un jury professionnel. Les internautes ont ensuite choisi sur Facebook leurs modèles préférés illustrant les thèmes de la Corée, du constructivisme ou des personnalités des années 80.

Alexis Dufresne, Sirine Ailane, Claude-Eric Paquin, Laëtitia Rodrigues
Alexis Dufresne, Sirine Ailane, Claude-Eric Paquin, Laëtitia Rodrigues

« Cette initiative s’inscrit dans le prolongement des rencontres bi-annuelles que nous organisons déjà à Paris avec les élèves du Lycée de la Mode à Cholet, du Lycée d’Alembert à Paris et du Lycée du Dauphiné à Romans-sur-Isère, précise Claude-Eric Paquin, président de la Fédération Française de la Chaussure. Nous voulons sensibiliser les étudiants en formation initiale à nos métiers tout en les rapprochant du travail en entreprise ». Neuf manufactures françaises ont participé au concours : Arche, Babybotte, Manufacture Degorce, Joseph Malinge, Laure Bassal, Le Soulier Français, Massaro, Pindière, Robert Clergerie.

Les étudiants ont été invités dans les ateliers à participer aux nombreuses étapes de la fabrication d’une chaussure, du choix de la peausserie au bichonnage final. Les lauréats témoignent :

Laëtitia Rodrigues (Lycée d’Alembert - Massaro - La Corée)

« Pour évoquer la Corée, j’ai choisi une mosaïque de cuirs rouge, blanc et noir en référence à la fête des ancêtres. Le travail en atelier m’a permis de me familiariser avec les techniques du luxe, comme l’incrustation du cuir dans la semelle. J’aimerais intégrer un petit atelier et apprendre les différents postes ».

Laëtitia Rodrigues
Laëtitia Rodrigues

Sirine Ailane (Lycée du Dauphiné - Le Soulier Français - Les personnalités des années 80)

«  Blondie illustre pour moi les années 80. Mon modèle est une bottine noire et blanche, avec une guêtre amovible qui se dézippe. J’ai été très autonome pour la réaliser. Le Soulier Français est une jeune entreprise avec des anciens de la chaussure. L’équipe m’a donné envie d’approfondir mon expérience professionnelle dans le cuir ».

Sirine Ailane
Sirine Ailane

Alexis Dufresne (Lycée de la Mode de Cholet - Joseph Malinge - Le constructivisme)

«  J’ai envie de réunir l’accessoire et la mode. Ma chaussure Oxford Moscou mélange les genres avec du cuir imprimé par UV, des motifs créés sur Photoshop, le cousu Blake, une fermeture empruntée au sportswear. J’ai découpé chacune des pièces. J’ai été impressionné par la chaussure finale, parfaitement identique au dessin ». 

Alexis Dufresne
Alexis Dufresne

 

LE CHIFFRE // 6,9%

C’est l’augmentation des exportations de la FilièreFrançaise du Cuir au premier semestre 2016.

De bons résultats pour la tannerie-mégisserie (+6%), la chaussure (+8%) et la maroquinerie (+8%).