Newsletter n°6

EDITO // Le plafonnement de la taxe est néfaste à nos entreprises

La taxe pour le développement des industries du cuir a été instaurée en 1947 et étendue à la maroquinerie, la ganterie et la chaussure. Elle concerne les cuirs et peaux bruts et l’ensemble des produits en cuir, fabriqués, assemblés ou conçus par des entreprises établies en France. CTC, le comité professionnel de développement économique (CPDE) des industries du secteur du cuir, de la maroquinerie, de la ganterie et de la chaussure collecte cette taxe sur les ventes réalisées en France, à destination de la Communauté Européenne et à l’exportation.

La taxe affectée est vertueuse car elle profite à nos PME/PMI dans le cadre d’actions collectives particulièrement utiles. Ces opérations, menées par CTC et les fédérations professionnelles, sont diverses et nombreuses. Elles soutiennent financièrement des programmes d’innovation, d’expertise industrielle, de formation…Elles aident à la création d’entreprises et favorisent la promotion de nos métiers en France et à l’international. Sans ces débouchés, nos entreprises ne sauraient accroître leurs performances et leur compétitivité. Or la taxe, plafonnée depuis 2012, voit en 2016 son plafond abaissé de 250 000€, ce qui représente une ponction significative de nos propres moyens. Pour autant, et à titre exceptionnel cette année, le niveau de subventions habituel sera maintenu. La Commission de développement économique de CTC a en effet demandé au conseil d’administration de prélever sur les réserves de CTC et de voter un budget 2016 déficitaire. Cette situation ne peut être que provisoire. Dès 2017, nous devrons retrouver l’équilibre des comptes, entrainant de fait une diminution importante des subventions. Les effets très négatifs du plafonnement sont devant nous. Il nous faut poursuivre nos efforts afin de convaincre les pouvoirs publics des atouts inhérents à la taxe. Depuis 2012, nous menons une action commune avec le Conseil National du Cuir auprès des ministères et des parlementaires pour que 100% de la taxe payée par nos industriels soit utilisés par CTC. Nous ne nous résignons pas à ce que plusieurs millions d’euros soient prélevés par l’Etat. Le plafonnement de la taxe est une mesure injuste et anti-économique qui doit cesser.

Jean Pierre Gualino

Président de CTC

 

FOCUS // La chaussure a son showroom à Shanghai

Le premier showroom de la Fédération Française de la Chaussure a ouvert ses portes en décembre dernier dans la capitale de la mode chinoise.

Credits: 
Fédération Française de la Chaussure

S comme Shanghai et Shoes… Maison S The House of French Excellence est le dernier dispositif proposé aux marques adhérentes pour percer sur le marché chinois. « Le fort dynamisme économique de la Chine, la hausse constante des revenus de la population et l’appétence pour le made in France ont fait émerger un grand nombre de consommateurs, entrainant une augmentation significative de la demande pour nos marques de chaussures », assure Jean-Pierre Renaudin, président de la Fédération Française de la Chaussure. En collaboration avec la Chambre Française de l’Horlogerie et des Microtechniques, la Fédération Française de la Chaussure a ainsi élu domicile dans une villa de l’ancienne concession française de Shanghai, aménagée par le fabricant Roche Bobois. Cette vitrine unique, financée par la taxe affectée, se propose de soutenir localement les marques françaises dans leur prospection et leur implantation au sein de la seconde économie mondiale. Quinze marques parmi lesquelles Arche, Heschung, JBMartin, Stéphane Kélian mais aussi de jeunes créateurs soutenus par Au-Delà du Cuir - tels Elodie Bruno, La Charentaise Tcha ou Pairs in Paris -, ont fait le voyage pour inaugurer le lieu. Maison S prévoit de se doter d’un site internet, d’un Wechat et organisera lancements de collections, séminaires, workshops, expositions…

 

GRAND ANGLE // Les aides à l'exportation accordées aux entreprises

L’export est, plus que jamais dans notre économie mondialisée, un axe de développement décisif pour les entreprises françaises. S’il représente un moteur potentiel de croissance, il  est aussi un réel challenge qu’il convient de préparer et de soutenir. C’est le rôle de la filière cuir qui accompagne chaque année ses entreprises désireuses de s’implanter à l’étranger. Cette mission de promotion à l’international est remplie par la Commission de Développement Economique de CTC, chargée d’attribuer des aides à l’export sur présentation d’un programme élaboré et piloté par chaque fédération.

Sous forme de subventions, ces actions représentent une aide substantielle variant de 50 à 70 % des coûts, susceptible de financer la participation à des foires et des salons professionnels internationaux, des missions de prospection, des voyages d’études…

Pour cibler un marché porteur, l’Europe comme le grand export constituent des destinations stratégiques. En 2014, 116 entreprises ont ainsi été aidées. La participation des entreprises ainsi que le nombre des salons continuent de progresser. En 2016, 31 salons européens, 16 salons hors Europe (Chine, Emirats Arabes Unis, Japon, Russie, USA, Inde) et 7 missions de prospection collective (Asie, Chine, Japon) accueilleront les entreprises subventionnées par CTC.

L’amont comme l’aval de la filière profitent de cet accompagnement. Au côté des métiers des cuirs et peaux, de la tannerie mégisserie, de la chaussure ou de la ganterie, les professionnels de la maroquinerie se révèlent particulièrement actifs. 

 

LE CHIFFRE // 9,3

9,3 milliards d'euros, c’est le total des exportations de la filière française du cuir en 2015.

Avec une hausse de 11% par rapport à 2014,les exportations de produits français en cuir ont connu une envolée, portée majoritairement par l’Europe devant l’Asie Océanie. La maroquinerie et la chaussure affichent les meilleures performances, progressant respectivement à l’export, de 11 et 19%.