Raymond Massaro, bottier maître d’art livre ses secrets de fabrication

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Livre Secrets de Bottier de Raymond Massaro.
Livre Secrets de Bottier de Raymond Massaro.
Credits: 
Editions Laurence Massaro

Préfacé par Inès de la Fressange, l’ouvrage Secrets de bottier brosse avec pudeur et humour une saga singulière, celle d’une famille à l’italienne, dont les origines remontent à la fin du XIXème siècle. Raymond Massaro, fils et petit-fils de bottier, s’imaginait plutôt coureur cycliste ou professeur d’histoire… Le destin en a décidé autrement !

Profession bottier de père en fils

 

Son père avait ouvert en 1894 - avant le Ritz - l’atelier au 2 rue de la Paix. L’apprenti, titulaire à 18 ans du CAP chaussures femme Louis XV, en a fait à force de passion, d’exigence et de travail avec ses artisans, une adresse de référence, indissociable du luxe « à la française ». On suit, au fil des pages et de ses souvenirs, la petite et la grande histoire, son enfance en Bretagne, la Libération de Paris, les débuts du prêt à porter, la rencontre déterminante avec Gabrielle Chanel puis sa riche collaboration avec Karl Lagerfeld qui disait simplement, un dessin à la main : « Monsieur Massaro, faîtes pour le mieux… »

 

Quand la création prend le pas sur la technique

 

Deux chaussures devenues célèbres ont joué un rôle décisif dans sa carrière. Pour réaliser « la sandale de 1957, Mademoiselle Chanel n’avait donné qu’un seul impératif : beige et noir, les couleurs symboliques de la maison ». Raymond Massaro eut l’idée, avec son père Lazare et son oncle Donat, d’associer bout original, coupe asymétrique et élastique en remplacement de la boucle arrière. « Tout à la fois classique et hors norme. La technique s’efface devant la ligne » 

Sandale Chanel 1957 par Raymond Massaro.
Sandale Chanel 1957 par Raymond Massaro.
Crédits : 
Massaro

Avant elle, Madame Grès en face de la maison Massaro rue de la Paix, commanda « une chaussure légère que la femme oublie, qui épouse le pied et accompagne tous les mouvements. Une chaussure d’un temps nouveau ». Le bottier se rappela la première chaussure - une cycliste - qu’il avait fabriquée pour lui-même. Il l’adapta avec « un simple élastique cousu sur cuir souple. Un talon réduit à son minimum… ». La ballerine, portée par Brigitte Bardot en 1956, devint un produit culte parmi les plus exportés dans le monde.

 

Chanel et Raymond Massaro : une collaboration hors pair

 

Ces succès ont ouvert la voie à cinquante ans de créations avec les plus grands noms de la couture. Raymond Massaro s’est illustré passionnément sur tous les fronts : le sur-mesure au quotidien, le luxe jusqu’à la chaussure orthopédique qu’il a contribué à faire reconnaître et à laquelle il a apporté les canons de l’esthétique. En 2007, faute d’héritier bottier, il vend la maison à Chanel. Karl Lagerfeld, qui le remerciait systématiquement avec des dessins portant l’initiale M, réalise l’affiche de l’exposition hommage à Romans.

Dessin de Karl Lagerfeld pour l'affiche de l’exposition hommage à Massaro
Dessin de Karl Lagerfeld pour l'affiche de l’exposition hommage à Massaro
Crédits : 
Karl Lagerfeld

 

5 dates clés d’un parcours d’exception

  • 1929 : Naissance de Raymond Joseph Massaro à Paris
  • 1947 : CAP chaussures femme Louis XV et apprentissage dans la maison Massaro.
  • 1967 : Direction de l’entreprise familiale.
  • 1994 : Maître d’Art par le Ministère de la Culture.
  • 2003-2004 : Exposition « Massaro, une dynastie de bottiers » au Musée international de la chaussure à Romans-sur-Isère.

 

Un mot sur l’auteur

Laurence Massaro a collaboré à la maison Massaro de 1993 à 1995 avant de choisir la voie de l’édition. Sensible aux itinéraires de vie sortant des rangs et aux liens de transmission, la fille unique de Raymond Massaro, aujourd’hui basée en Provence, se devait de recueillir les mémoires de son père.

 

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