LA PODO-ORTHESE AU-DELÀ DU MÉDICAL

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Crédits : 
Conseil National du Cuir

Le secteur méconnu de la podo-orthèse est en pleine évolution. Ses professionnels de l’appareillage du pied s’inscrivent à la croisée de la santé publique, de la mode et de la technologie.

Le terme de podo-orthésiste n’est apparu qu’en 1974 avec la création du BTS en podo-orthèse, sa formation diplômante en trois ans. Ses origines sont pourtant plus anciennes, comme le rappelle Raymond Massaro, Maître d’Art, qui s’est ouvert à la podo-orthèse et à la haute couture après avoir obtenu à Paris son CAP de bottier. « Les séquelles de la guerre de 1914-18 ont favorisé la mise en place du métier. Le pied bot, la grosse chaussure noire ont progressivement disparu car les besoins ont évolué. Le sur-mesure est un point commun avec le soulier fabriqué à la main par le bottier ». Aujourd’hui, plus de 90% des podo-orthésistes fabriquent en France.

Sur mesure et process industriels

La chaussure orthopédique sur prescription médicale est fabriquée sur mesure à partir d’un moulage. Le cuir, dont chaque peau est unique et adaptable, est son matériau de prédilection. « Le cabinet de podo-orthèse a aujourd’hui intégré des outils numériques et des process industriels, explique Marielle Dufaure, déléguée générale de la Fédération Française de la Podo-Orthèse. Les machines coûtant cher, les professionnels tendent à se regrouper afin d’amortir les frais. On scanne le pied pour réaliser les formes et les orthèses. Les modèles sont dessinés par C.A.O. La découpe est automatisée (laser, lame de coupe…). Une maquette thermoformée permet de réaliser un premier essayage au pied du patient. Les outils de finition, tels le tranchet ou la pince à monter, demeurent « traditionnels ».

Le podo-orthésiste conçoit et réalise également par scan du pied des orthèses plantaires (semelles orthopédiques), des orthoplasties (orthèses d’orteils) ou encore des attelles.

Travail de la forme
Travail de la forme par C.A.O.
Crédits : 
FFPO

Un métier qui se féminise

Le métier est traditionnellement masculin, spécialement dans les ateliers, où les postes de piqueur, formier, liégiste (formier liégiste), patronnier, coupeur, monteur sont majoritairement tenus par des hommes. Mais selon Marielle Dufaure, « on assiste à un changement. Les femmes sont de plus en plus nombreuses, en particulier au niveau Bac+3. La femme est par nature méticuleuse et bienveillante ».

Un secteur porteur

La polyvalence est l’un des atouts de la podo-orthèse. La création manuelle de la chaussure prenant en charge le handicap remplit un vrai rôle social. Face au vieillissement de la population, au développement du diabète, de maladies cardio-vasculaires, et auto-immunes  la chaussure obéissant à des critères médicaux se révèle un équipement décisif. Tarifs et remboursements sont réglementés. Mais le podo-orthésiste s’adapte aussi à son environnement. La chaussure de ville ou de sport influence de plus en plus sa pratique. « Les offres d’emploi existent à tous les niveaux, du cabinet à l’atelier », affirme la FFPO. Pour répondre aux attentes du marché, des formations complémentaires au BTS et au CAP ont récemment été créées : le bac professionnel Technicien en Appareillage Orthopédique et dans le cadre de la formation continue, le D.U. Appareillage et le D.U. de prise en charge du pied diabétique.

Chaussure sur forme
Chaussure sur forme
Crédits : 
FFPO
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