Robert Clergerie

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Crédits : 
CNC

La marque Robert Clergerie est héritière d’un savoir-faire né dans la manufacture de Romans il y a 120 ans.

Son nom parle à tous les passionnés de chaussure et n’a pas pris une ride… Trente cinq ans après sa naissance, la marque Robert Clergerie perpétue une tradition de grande qualité et le style masculin féminin cher au fondateur. La signature à l’aura internationale combine toujours savoir-faire, créativité et succès à l’export.

En 1970, Robert Clergerie découvre la chaussure chez Charles Jourdan à Romans. Il rachète huit ans plus tard la Société Romanaise de la Chaussure, plus connue sous le nom de ses marques J.Fenestrier et Unic. En 1981, il crée sa marque éponyme et ouvre une boutique à Paris rue du Cherche Midi.

Les femmes, de plus en plus nombreuses à adopter le tailleur pantalon, plébiscitent aussitôt ses derbies et richelieus au look androgyne… Le cousu Goodyear - importé en 1905 par Joseph Fenestrier - et la semelle Ridgway d’inspiration militaire complètent le style masculin féminin, élégant et confortable.

La sobriété et l’architecture sont omniprésentes. Blocs compensés et plateformes graphiques se réfèrent à l’esthétique japonaise comme aux volumes structurés des années quarante. La semelle articulée en bois assure toujours une démarche souple et naturelle.

La marque s’appuie sur ses archives conservées intégralement au sein de la manufacture. Les peausseries de première qualité jouent un rôle décisif. « Robert Clergerie a débuté en utilisant un cuir de veau presque transparent, introuvable aujourd’hui, précise Patrick Colin, directeur de production. Les cuirs évoluent avec les tendances. Il y a eu les années nubuck… On demande aujourd’hui moins de veau grainé mais le veau velours stretch revient… Le cuir végétal naturel est toujours présent pour les sandales d’été, les cabas épurés… »

La manufacture romanaise produit chaque saison 50 000 paires, réalisées par une centaine de salariés. La plupart travaillent dans les ateliers depuis une vingtaine d’années. « Le métier de la chaussure est basé sur le savoir-faire des artisans, poursuit Patrick Colin. Les étapes de fabrication ont peu changé. La découpe numérique, qui permet de présenter davantage de collections, est la principale nouveauté. Les finitions manuelles sont très soignées : tranches peintes au pinceau, talon enrobé de cuir, pompon découpé et roulé à l’unité, décor perforé…

En 2007, l’entrepreneur a l’idée de créer sa propre école. « C’est très difficile de trouver du personnel qualifié », assure Emilio Martin, directeur général. Chaque année, la manufacture accueille un noyau de jeunes âgés de 18-20 ans issus d’écoles de mode. Ils suivent un stage intensif pendant un mois et fabriquent une chaussure de A à Z.

Robert Clergerie appartient depuis 2011, avec Cerruti, Sonia Rykiel et Delvaux, au groupe Fung. Roland Mouret, à la tête du style, revisite l’héritage tout en contribuant à internationaliser la griffe. La ligne Communal cultive l’identité mixte. J.Fenestrier a été rebaptisé Clergerie Homme. « La marque défend un savoir-faire différenciant et le made in France très prisé à l’étranger, souligne le dirigeant. L’export représente 65-70%, l’objectif est d’atteindre 80% en équilibrant l’Asie, les Etats-Unis, l’Europe ». La marque est présente dans 22 monomarques et plus de 400 points de vente dans le monde.

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